Mercredi 27 juillet 2011
En ce IX° siècle, il ne fait pas bon vivre à Cordoue pour les chrétiens. La rage des musulmans est féroce, malgré tous les mariages mixtes et les attitudes généralement discrètes des chrétiens pour pratiquer leur foi. La jeune Nathalie (appelée aussi Sabigothe ou Noële) va se joindre à ce grand cortège de martyrs. Née de parents musulmans elle avait été amenée au Christ par un beau-père chrétien.
Un jour, elle voit Aurèle, son époux revenir bouleversé du centre ville. Lui-même est fils d’un arabe et d’une espagnole. Il est diacre. Il lui raconte qu’il vient de voir un jeune homme nommé Jean à califourchon sur un âne, la tête tournée vers la queue, insulté et fouetté par des musulmans au long du chemin. Jean était paisible et priant. Cet épisode rend les jeunes époux déterminés. Ils décident de ne plus vivre en cachette et de vivre plus visiblement leur baptême. Ils savent que leur décision entraînera leur mort. Ils confient leurs deux enfants de 5 et 8 ans à une veuve de martyr qui s’était dans un monastère non loin de la ville. Ils lui confient toute leur fortune pour leur éducation. Et les voilà plus libres pour aller visiter les prisonniers chrétiens, leur porter la communion. Ils convainquent leurs cousins Félix (qui est prêtre) et son épouse Liliose de se joindre à eux. Ce dernier couple vivait sa foi de manière très cachée. Stimulés les uns par les autres, Saligothe (notre Nathalie) et Liliose décident de sortir dans la rue sans leur voile [certains disent qu’elles se rendirent ainsi dans une mosquée, attitude suicidaire et peu vraisemblable]. Arrêtées immédiatement elles sont conduites devant le cadi pour être jugées. Leurs époux sont recherchés et mis au cachot. On arrête également un vieux moine quêteur de Palestine qui vivait chez eux. Il ne devait pas avoir une « odeur de sainteté, car il ne s’était pas lavé depuis 30 ans ! Comme il n’est pas espagnol, il craint d’être expulsé du pays au lieu de subir le martyr. Alors, devant le tribunal il traite Mahomet de « fidèle du diable, ministre de l’antichrist, labyrinthe de tous les vices ». Son compte est bon. On tua d’abord Félix, puis Georges, puis Liliose, et enfin Aurèle et Nathalie en dernier. C’était le 27 juillet 852.
Dès 857, Usuard, moine bénédictin de l’abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Près, se rend en Espagne et ramène dans son monastère les reliques de Nathalie et d’Aurèle.
Etymologie du nom :
Du latin « dies natalis » « jour de la naissance » de Jésus. D’où son nom de Noële.
Célébrités :
En moins de dix ans, plusieurs dizaines de chrétiens furent massacrés à Courdoue entre 850 et 859. En particulier : Abundius, Adolphus et Jean, Amator, Pierre et Louis, Anastase, Félix et Digna, Argimir Argymirus, Aurea, Benildis, Colombe, Elias, Paul et Isidore, Emilas et Jérémie, Euloge, Fandilas, Flore et Marie, Georges, Aurelius, Natalia, Felix et Liliosa, Gumesindus et Servusdei, Isaac, Laura, Leocritia, Leovigild et Christophe, Nunilo et Alodia, Paul de Saint-Zoïlus, Pierre, Walabonsus, Sabinien, Wistremundus, Habentius et Jérémie, Perfectus, Pomposa, une autre Pomposa, Rudericus et Salomon, Rogellus et Servus-Dei, Sanctius, Sandalus, Sisenandus, Théodemir, Witesindus ou Witesind.
Vieux proverbe de ce jour (c’est aujourd’hui aussi la fête des sept dormants d’Ephèse):
Les Sept Dormants redressent le temps
Pensée spirituelle:
« On nous insulte, nous bénissons ; on nous persécute, nous endurons ; on nous calomnie, nous consolons » (Saint Paul)
Courte prière :
« Peu m’importe, Seigneur, d’être dans la détresse, pourvu que tu y sois avec moi.»(Saint Bernard)




